Oppidum de Sextantio

Castelnau-le-Lez, Hérault


 

L'oppidum de Sextantio prend place sur une colline dominant le Lez, à 8 km au nord de Lattes, qui a fait l'objet de nombreux sondages depuis le XIXe s. Une fouille d'urgence au chemin de la Farigoule a permis de préciser en 2015-2016 les observations précédentes.

La première phase remonte au Bronze final IIIb, période à laquelle on attribue également une stèle gravée découverte à la base du site. Cette occupation n'a été repérée que sur la bordure nord-ouest du plateau, mais nulle part ailleurs au sommet de la colline, tandis qu'une installation contemporaine semble avoir existé à mi-pente. Si cette répartition spatiale se confirmait, la taille présumée de l'habitat de hauteur (moins d'un ha?) rangerait plutôt Sextantio parmi les sites du Bronze final IIIb petits ou moyens qui parsèment l'espace languedocien que parmi les grandes agglomérations couvrant plusieurs hectares, comme Mailhac, Carsac ou Roque de Viou.

L'analyse de la céramique de La Farigoule a par ailleurs fait apparaître un hiatus entre les témoins du Bronze final et ceux des VIe-Ve s. av. n. è. qui se surimposent directement à eux, laissant penser à un abandon des lieux durant un à deux siècles. La présence d'un habitat à Sextantio au cours du VIIe s. reste donc encore aujourd'hui hypothétique.

C'est au début du VIe s. que s'observe une nouvelle occupation des lieux. Que l'on se fie au nombre de niveaux ou de structures observé ou à la quantité de céramique recueillie, il est clair que cette reprise est progressive jusqu'au début du Ve s. Les restes du VIe s. sont encore peu denses et si l'on y trouve des sols, des foyers et des fosses, l'habitat ne paraît pas encore construit en dur. D'un point de vue topographique, cette nouvelle occupation semble plus étendue que la précédente. De fait, il semble qu'au cours du VIe s. l'habitat s'étende progressivement sur l'ensemble de la zone qu'il occupera au Ve et au début du IVe s., soit sur une surface qui put couvrir 3 à 4 ha.

L'extension de l'habitat aux Ve-IVe s. est visible dans les sondages anciens, mais il reste incertain que l'oppidum ait été fortifié dès cette époque. L'habitat de hauteur est complété par plusieurs installations le long du Lez, notamment sur la colline de Navitau au nord-ouest. Cependant, la question se pose de savoir les Ve-IVe siècles correspondent sur l'ensemble du site à une phase de densification de l'habitat comme c'est le cas dans le secteur de La Farigoule : en effet, dans la plupart des sondages qui ont rencontré des niveaux anciens de l'âge du Fer , les auteurs ont insisté sur la ténuité des traces postérieures au VIe s., parlant même parfois d'un abandon des lieux.

Il est également difficile de se faire une idée de l'évolution de l'habitat au IIIe s., car très rares sont les documents de cette époque signalés dans les fouilles ou les prospections. Cette période pourrait correspondre à un déclin de l'habitat de hauteur, peut-être en faveur d'installations périurbaines, comme ce put être le cas à Beaucaire, à Nîmes ou à Mauressip.

Une nouvelle phase d'occupation assez dense semble intervenir à partir du IIe s. av. n. è., période pour laquelle des documents sont à nouveau signalés dans plusieurs sondages. Mais les niveaux correspondants ont souvent souffert des remaniements postérieurs, aux époques romaine, médiévale et moderne. Des observations ponctuelles, notamment sur la face orientale de l'oppidum où des tronçons de muraille ont été mis au jour, ont accrédité l'idée que l'enceinte en pierre sèche, encore visible au XIXe s. mais aujourd'hui entièrement disparue, daterait de cette époque. Selon les observations de Ph. de Saint-Paul vers 1840, cette fortification aurait entouré la moitié orientale du plateau de Sextantio, enserrant entre 7 et 10 hectares.