Notion de secteur

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Le secteur est une division spatiale de la zone: dans le système de fouille géré par Syslat, on ne doit pas définir de secteur en dehors d’une zone.

L’une des différences les plus importantes de fonctionnement entre le secteur et la zone est le fait que le secteur ne sert pas à définir de numéros d’Us. En d’autres termes, la numérotation des Us est dépendante de la zone mais pas du secteur. Dans une même zone, les Us se répartissent de manière non continue dans chacun des secteurs définis.

En principe, de même que toute Us appartient à une zone, toute Us devrait être affectée au moins à un secteur. Il est donc parfois nécessaire, lorsqu’une zone est mise en fouille avant d’être subdivisée, de créer d’entrée un secteur couvrant toute la zone. Ce secteur global pourra par exemple prendre le numéro zéro, pour indiquer cette identité d’extension entre le secteur et la zone: le secteur 0 pourra ainsi servir ultérieurement, quand bien même des partitions auront été mises en place, à indiquer que telle Us concerne toute la zone (ou une grande partie de la zone, recouvrant un grand nombre de secteurs réels).

Nature et taille des secteurs

Les secteurs se définissent dans la zone de manière relativement libre. L’expérience montre cependant que l’on a tout intérêt à ce que cette définition suive des règles proches de celles appliquées à la définition des zones. Ainsi est-il bon que la définition des secteurs suive au plus près la structuration réelle de l’espace couvert par une zone. Dans un quartier d’habitat par exemple, chaque pièce pourra aisément constituer un secteur. Dans une zone moins structurée, on pourra distinguer, selon la même philosophie, un secteur comportant tel aménagement (une aire de fosses par exemple, ou un remblai particulier) d’un secteur ne le comportant pas.

Lorsque de grandes zones ne comportent pas de secteurs naturels et ne sont pas destinées à une fouille extensive, les numéros de secteur peuvent être utilisés pour désigner les différentes fenêtres d’exploration ou sondages qui y seront pratiqués. Ainsi, par exemple, si trois sondages sont implantés dans une rue désignée comme zone 105, chacun d’eux constituera un secteur numéroté 1, 2 ou 3.

La taille du secteur importe peu. Cependant, si l’on explore une aire vaste que rien ne divise naturellement, il peut s’avérer nécessaire de créer plusieurs secteurs pour gérer l’espace de manière suffisamment précise. En effet, dans ce système de fouille privilégiant les contextes objectifs (unités stratigraphiques) plutôt que les cotes en trois dimensions, le couple zone/secteur reste l’un des seuls outils pratiques et systématiques de localisation des observations et des découvertes dans la dimension horizontale. Cette subdivision théorique d’un même ensemble spatial pourra être distinguée d’une autre forme de sectorisation par l’emploi de numéros de secteurs spéci ques, comme indiqué ci-après.

Numérotation des secteurs

Comme pour les zones, on change de numéro de secteur lorsque les données varient soit horizontalement (incitant à distinguer un secteur d’un secteur voisin); soit verticalement, quand dans la progression stratigraphique, et donc chronologique, une nouvelle partition de l’espace s’impose.

Le plus souvent, les secteurs se numérotent de 1 à n à l’intérieur d’une zone, c’est-à-dire en reprenant à 1 dans chaque zone. Cependant, l’appellation du secteur n’entrant pas dans la numérotation des unités stratigraphiques, le choix d’un système de numérotation pour ces subdivisions de la zone reste relativement libre. On peut ainsi imaginer des secteurs numérotés en lettres, en lettres et en chiffres, etc.

S’il n’y a pas de vraies règles dans ce domaine, quelques habitudes sont bonnes à prendre. On conseillera par exemple:

  • d’employer en standard dans chaque zone une numérotation chiffrée continue de 1 à n, s’incrémentant à mesure de la création de nouveaux secteurs, mais réservant le numéro 0 à un secteur théorique couvrant toute la zone (supra);
  • d’utiliser une première lettre majuscule suivie (sans espace) d’un nombre de 1 à n (pour chaque lettre) si l’on désire regrouper des secteurs selon l’organisation logique des structures.
Illustration : dans le cas où l’on repérerait d’entrée, dans une zone correspondant à un îlot bâti, plusieurs maisons à plusieurs pièces, il pourrait être opportun de numéroter les pièces de la première maison: secteurs A1, A2, A3., celles de la seconde: secteurs B1, B2, B3., etc., en distinguant de fait une maison A, une maison B. Dans le cas d’une opération extensive en milieu rural, les divers champs ou aires de plantation reconnus dans une même zone pourront être désignés par autant de secteurs que nécessaires. Etc.
  • d’utiliser un nombre suivi (sans espace) d’une lettre minuscule de a à z (pour chaque nombre) pour les subdivisions théoriques ou secondaires d’un secteur.
  • Dans le cas d’une subdivision théorique (si par exemple un secteur s’avère trop vaste: voir ci-dessus), on prendra l’habitude de numéroter les partitions du secteur 9, par exemple, en 9a, 9b, 9c.
  • Dans le cas d’une subdivision secondaire, la même formule permettra d’indiquer que les secteurs 2a et 2b sont des parties du secteur 2 dé nies à un niveau supérieur. Si la cause de cette subdivision secondaire vient à disparaître, on pourra ainsi revenir au secteur 2 complet dans un niveau inférieur.

Dans tous les cas de gure (création, regroupement, subdivision), les caractéristiques, l’identification et les coordonnées spatiales de chaque secteur devront être soigneusement consignées et documentées, de sorte à éviter les confusions et les erreurs en cours de fouille, lors de reprises des travaux après interruption, ou lors des phases d’exploitation des données de terrain.

 

Auteur : Michel Py, CNRS

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