La documentation graphique

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Les travaux de terrain comme ceux concernant les artefacts et les prélèvements, utilisent et donc produisent différents types de documents, sur des supports divers. Lors d’une fouille de quelque importance, on se trouve rapidement devant une masse documentaire telle qu’une gestion méthodique s’impose. Cette gestion doit se donner pour but général de conserver les liens entre les documents et les faits ou matériaux qu’ils concernent, afin de permettre symétriquement de retrouver aisément la documentation afférente à l’un d’entre eux.

Si l’informatisation de la fouille inscrit parmi ses objectifs la prise en charge cette gestion documentaire (le traitement de l’information étant le sens premier du mot informatique), quelques règles pratiques s’imposent néanmoins a priori dans ce domaine, ne serait-ce que pour permettre cette informatisation. On envisagera ici successivement les principaux types de documents concernés.

La documentation graphique

Trois types de documents graphiques sont couramment produits par la recherche archéologique de terrain: les plans (avec pour variante les cartes de situation), les coupes ou stratigraphies, et les élévations. Chacun peut prendre des formes physiques très diverses, dépendant des techniques de relevé et du niveau d’élaboration: minute originale (en général sur feuille de papier millimétré), recopiage au propre (sur calque ou polyester), sortie de tireuse de plans ou d’imprimante laser pour les relevés électroniques, tirage au bleu ou photocopie pour les dessins traditionnels, réduction au banc-photo (sur copyproof ou sur film), reproductions diverses…

Trois principes paraissent de bonne méthode:

  •  indiquer sur les documents eux-mêmes, de manière précise et si possible normalisée, les références concernant leur sujet et leur élaboration;
  •  se doter d’un système de numérotation qui permette de tenir à jour un inventaire exhaustif de cette documentation, assorti d’une partie descriptive;
  •  se doter d’un système de rangement dont les références pourront être portées sur cet inventaire.

Syslat propose pour les plans, stratigraphies et élévations une méthode standard d’enregistrement, grâce à un numéro composé de cinq éléments, soit, de gauche à droite:

  • éventuellement, le code du site
  • le numéro de la zone concernée (0 pour un document dépassant l’échelle de la zone)
  • une lettre majuscule indiquant le type de document (P pour plan, S pour stratigraphie, E pour élévation)
  • un numéro d’ordre dans la zone et dans le type, en chiffres arabes
  •  éventuellement, une lettre minuscule indiquant la feuille lorsqu’un même relevé est dessiné sur plusieurs feuilles.
Exemple: le numéro de document Car22S7b (ou simplement 22S7b) identifie une stratigraphie (S) du site ayant pour code Car; cette stratigraphie concerne la zone 22 de ce site: c’est la septième réalisée dans cette zone, et l’on est sur la deuxième feuille de ce relevé.

La complication du système n’est ici qu’apparente, puisqu’en fait ce numéro peut se lire comme une série d’abréviations. Notons que sur certains gisements notamment sur les fouilles durables, le code du site, optionnel, peut fort bien être omis.

Il est tout à fait possible d’inclure dans ce mode de numérotation les diverses strates d’élaboration indiquées ci-dessus, mais il est recommandé de garder aux différents états successifs d’un même relevé le même numéro d’inventaire, quitte à le faire suivre d’une mention supplémentaire (brouillon, minute, final, tirage, réduction ou autre). Ainsi les références, notées dès le terrain et enregistrées dans différents fichiers (US, FAIT, DOC…), resteront valables tout au long de la chaîne opératoire.

Sur ces documents graphiques doivent être portées en clair les références topographiques: pour les plans, on prendra soin de ne pas omettre la position par rapport au quadrillage général du site, s’il existe: pour les coupes et les élévations, on indiquera de même les coordonnées de départ et d’arrivée et la cote du point zéro de référence (altitude). Sur tous les documents, doivent en outre figurer obligatoirement:

  • la (ou les) date(s) ou année(s) de fouille
  • le (ou les) auteur(s) du relevé
  • l’échelle de réduction
  • l’orientation
  • les références de zone et de secteur
  • les numéros des structures représentées (Faits)
  • les numéros des unités stratigraphiques concernées (Us)

Il est possible en outre d’utiliser un code de représentation graphique normalisé pour tous les documents élaborés sur un site, en choisissant un ensemble de symboles et/ou de couleurs pour représenter de la même manière les mêmes éléments (voir un exemple de codification dans Bats 1986, p.48)

Auteur : Michel Py, CNRS

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